Propriétés de prestige

Comment expliquer que lors des ventes intervenues en 2015 les propriétés immobilières de plus de 5 millions de francs aient connu une telle chute de prix? C’est pourtant ce qui ressort de notre analyse des 34 ventes intervenues en 2015 sur Genève (hors appartements et immeubles). Le prix de vente moyen a atteint «seulement» 9,265 millions de francs. Or, en 2014, ce prix moyen, pour les 41 transactions effectuées, s’élevait encore à 11,275 millions. Autrement dit, le marché des biens de prestige a connu une chute abrupte de 17,8%! Cette baisse est d’autant plus frappante que l’on assiste depuis 2011 à une correction à la baisse, mais très progressive: -1,2% en 2011, -3,6% en 2012, -0,6% en 2013, -1,36% en 2014.

«C’est tout à fait logique. Désormais, les prix se négocient beaucoup», analyse Jérôme Félicité, le CEO de Gerofinance-Dunand/Régie de la Couronne. «Nous venons de vendre une propriété à Conches qui était sur le marché depuis deux ans, mais dont le prix avait été revu de -20%. Les prix étaient beaucoup trop élevés et, désormais, une majorité de propriétaires vendeurs ont intégré la nécessité de corriger leurs attentes.»

Le courtier indépendant Emanuel La Roche revient sur «les incertitudes liées à la fois au forfait fiscal, sur RIE III, auxquels s’est ajouté le renforcement du franc suisse. Au final, le nombre de sociétés venant s’installer à Genève a connu une baisse significative et, avec elle, une baisse du nombre d’acheteurs potentiels.»

En résumé, la forte correction observée en 2015 est la conséquence claire du fait que le marché compte désormais bien davantage de vendeurs que d’acheteurs. Cela étant, à en croire Jérôme Félicité, l’année 2016 aurait très bien démarré. «Nous observons l’arrivée de nombreux Français qui, après avoir vendu leurs biens, ont décidé de fuir l’insécurité générale.»

(Serge Guertchakoff-Bilan.ch)